De nouvelles révélations viennent éclairer sous un angle totalement différent l’un des feuilletons les plus marquants de la Formule 1 moderne : l’échec du transfert d’Oscar Piastri chez Alpine. Le journaliste britannique Mark Hughes, spécialiste reconnu du paddock, a consacré dans Motor Sport Magazine une analyse approfondie qui met en lumière des décisions stratégiques controversées au sein de l’écurie française. Selon lui, le désir d’Alpine de recruter Pierre Gasly aurait joué un rôle capital dans la rupture entre l’équipe et l’un des talents les plus prometteurs de sa génération.
Oscar Piastri, prodige australien passé par l’académie Alpine, était pourtant destiné à intégrer l’équipe de façon naturelle après une ascension fulgurante en F3 puis en F2. Mais derrière les coulisses, plusieurs tensions, promesses non tenues et manœuvres contractuelles ont fini par éloigner irrémédiablement Piastri du projet d’Enstone. Hughes avance même que la focalisation excessive d’Alpine sur la signature de Pierre Gasly a affaibli la confiance entre les dirigeants et le clan Piastri.
Le résultat est connu : Oscar Piastri a finalement rejoint McLaren dans des conditions juridiques et médiatiques particulièrement tendues, marquant l’un des transferts les plus discutés des dernières saisons. Les révélations de Hughes permettent aujourd’hui de mieux comprendre comment Alpine a laissé filer une pépite qu’elle avait elle-même formée.Dans sa chronique, Mark Hughes affirme qu’Alpine était « prête » à s’engager avec Pierre Gasly avant la saison 2023. L’écurie aurait préparé un « contrat à long terme onéreux », montrant à quel point elle comptait sur la venue du pilote français. Cette ambition, déjà forte à l’époque, témoigne de la volonté de l’équipe de former une paire 100 % française, à la fois performante et médiatiquement séduisante.
Le problème, selon Hughes, vient du timing et du manque de cohérence dans la gestion des priorités. Alors que le visage médiatique d’Alpine se tournait vers Gasly, Oscar Piastri et son manager Mark Webber attendaient depuis des mois une formalisation écrite de ce qui leur avait été promis. Webber, ancien pilote de Formule 1 et mentor très impliqué, multipliait les demandes et les relances afin de sécuriser un contrat pour son protégé. À plusieurs reprises, on lui aurait assuré qu’un accord allait arriver. Mais, comme le souligne Hughes, « cela ne s’est jamais concrétisé ».

Cette absence de confirmation contractuelle, dans un sport où chaque mot et chaque délai ont une importance cruciale, a progressivement entamé la confiance du camp Piastri. Lorsque l’écurie semble privilégier un autre pilote tout en laissant le jeune australien dans l’incertitude, le message perçu est clair : Piastri n’est pas la priorité.
L’épisode prend encore plus de relief quand on se remémore le contexte : en 2022, Alpine avait publiquement communiqué que Piastri serait leur pilote, alors même que celui-ci n’avait jamais signé le contrat correspondant. Cela a finalement conduit à une décision insolite et historique du Contract Recognition Board, qui a tranché en faveur de McLaren. Alpine s’est retrouvée avec une image ternie et un désert contractuel révélant une impréparation étonnante pour une écurie de ce niveau.
Pour Mark Hughes, l’origine de l’affaire repose sur un enchaînement d’erreurs stratégiques et de communication. Alpine, séduite par l’idée d’associer Esteban Ocon et Pierre Gasly, aurait consacré trop de ressources à ce projet, négligeant la situation contractuelle de Piastri. Cette négligence a créé une frustration immense chez l’Australien et Mark Webber, qui attendaient une reconnaissance concrète des performances et du potentiel du jeune pilote.
Ce manque de clarté a fini par devenir intenable. Alors que Piastri voyait d’autres équipes s’intéresser à lui, notamment McLaren, Alpine n’a pas réagi assez vite. L’écurie semblait convaincue que le pilote resterait loyal naturellement, comme si le simple fait d’avoir formé un talent suffisait à le sécuriser. Dans une discipline aussi compétitive que la F1, penser ainsi représente une erreur majeure. Webber, habitué aux subtilités contractuelles du paddock, a alors compris que l’avenir de Piastri devait être assuré ailleurs. Lorsqu’Alpine a finalement tenté de s’appuyer sur son annonce publique pour forcer la main, il était déjà trop tard. Le clan Piastri ne croyait plus en la parole donnée. Et sans contrat légal, Alpine n’avait aucun recours.